L’économie solidaire et circulaire: un avenir en commun dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA)

L’économie solidaire et circulaire: un avenir en commun dans la région Auvergne-Rhône-Alpes (AuRA)

Mondial Tissus veste en tissu recyclé, fabriqu

Selon la dernière note d’opportunité de la CRESS (Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire) de la région AuRA, la mode circulaire est un secteur particulièrement dynamique et intrinséquement lié à l’économie sociale et solidaire. Dans les activités de réemploi, de tri, de collecte, de recyclage et d’upcycling de TLC usagées, en 2021, 240 acteurs ont été recensés. Parmi lesquels, il existe une diversité d’organisation: entreprises d’insertions, ressourceries, associations caritatives, ou de sensibilisation. En parallèle, 851 entreprises traditionnelles de fabrication de textile, linge de maison et chaussures sont implantés parfois depuis longtemps sur le territoire, représentant plus de 22 000 emplois. Pour y voir plus clair sur ce secteur en plein essor, nous avons intérrogé Violayne Le Borgne, responsable économie circulaire et transition écologique, au sein de la CRESS AuRA.

En tant qu’observatrice de l’économie sociale et solidaire, quelle place la mode circulaire occupe-t-elle?

« La filière textile fait parti des filières les plus dynamiques de l’économie sociale et solidaire et de la durabilité. Chaque jour, nous voyons passer de nouveaux porteurs de projets que nous accompagnons dans la durée. Nous réalisons une veille et avons une attention particulière dans l’appui au collectif d’acteurs. La note que nous avons publié, en 2022, vient témoigner de ce développement important (op.cit.).

Historiquement, le réseau des ressourceries, membre de la CRESS, a eu un rôle pionnier en matière de collecte, de réemploi y compris textile. Le point fort est que nous avons beaucoup d’acteurs du réemploi, du recyclage, etc. La plupart d’entre eux ont choisi l’économie sociale et solidaire comme mode d’organisation. Ce qui veut dire aujourd’hui que l’économie circulaire ne peut se faire, dans notre région, sans l’économie sociale et solidaire. Ces organisations ont un rôle majeur dans la réduction des déchets et sont présents en milieu urbain comme en milieu rural avec des spécificités. Par exemple, en milieu rural, nous observons des initiatives « multiflux » qui proposent des solutions de valorisations pour tous types de biens d’équipements (textile, objets, etc.) »

Quels sont les enjeux pour la mode circulaire en AuRA?

« Deux enjeux peuvent être identifier. Premièrement, comment augmenter le volume de textile collecté ? Seulement 40% aujourd’hui des textiles sont collectés. Il y a des gisements partout. Qu’il s’agisse des invendus, des stocks dormants, des chutes de tissus, … Capter ce gisement permettrait de diversifier les flux et de les rendre plus qualitatifs. Car aujourd’hui avec la conccurence des sites internet dédiés au réemploi, la qualité du gisement de textile collectée s’est détériorée. Par ailleurs, il y a par exemple des difficultés pour assurer le stockage des matières collectées par manque d’espace. Deuxièmement, il faut améliorer les solutions locales de valorisation. Aujourd’hui, comme partout en France, une partie des textiles collectées est exportée. Les débouchés locaux doivent se développer. Beaucoup d’initiatives émergentes concernent l’upcycling, la vente de vêtements de seconde main avec des boutiques à l’approche renouvelée (concept store). »

Comment contribuez-vous à répondre à ces deux enjeux?

« Pour répondre à ces deux enjeux, plusieurs leviers sont activés.

Le premier levier est l’appui au porteurs de projets .

Le deuxième levier est l’accompagnement pour une plus grande structuration de la filière du recyclage afin de changer d’échelle en matière de volume collectée et traitée. Ce changement d’échelle devrait permettre d’étendre le spectre des débouchés en particulier pour le recyclage industriel. Car en dessous d’un certain seuil, d’un certain tonnage, on ne peut pas intéresser les industriels qui refont du fil et du tissu à partir de textile.

Le troisième levier est la création de coopération entre la filière de la fabrication et celle du recyclage, pour augmenter l’usage des textiles usagés ou dormants par les entreprises concernées et pour augmenter et améliorer la qualité des gisements.

En d’autres termes, comment les excédents de l’un peuvent devenir les matières premières de l’autre ? Et inversément. Nous nous intéressons également à l’écoconception et aux modèles économiques alternatifs qui permettent de réduire les déchets à la source. Dans nos missions, au travers de rencontres et d’ateliers, nous favorisons le développement de ces coopérations et valorisons les initiatives issues de l’ESS. C’est pour cela que nous participons aux Fashion Green Days AuRA. »

Majdouline Sbai

Majdouline Sbai

Vice-présidente Fashion Green Hub

Tranquille Emile : Made in Rhône-Alpes

Tranquille Emile : Made in Rhône-Alpes

Les prochains Fashion Green Days se tiendront les 7 et 8 juillet à l’Embarcadère de Lyon et auront pour objet la mode circulaire et éco conçue. Aujourd’hui nous vous présentons Tranquille Emile,très bel exemple de marque éco-conçue, produite en circuit court et local.

Rencontre avec Quentin De Mauroy, cofondateur de la marque aux côtés de Olivier Amourous.

Tranquille Emile Quentin De Mauroy

Tranquille Emile, dont les bureaux sont situés aujourd’hui à Lyon, a été créée à Megève, il y a bientôt quatre ans. A la tête de l’entreprise de quatre personnes, un binôme: Olivier serial entrepreneur dans le domaine de la santé et Quentin qui a déjà travaillé pour de grandes marques de textiles. Leur envie commune: créer une marque de vêtements qui soit exemplaire du Made in France.

L’entreprise était en vente, ils ont racheté l’entreprise et apporté des fonds pour développer la marque.

Tranquille Emile est une jeune marque française de vêtements pour hommes, femmes et enfants.

Des tee-shirts, des sweats, des pulls, des maillots de bain … et en projet une doudoune en matières 100 % recyclées. Toute la chaîne de production se fait en France et notamment au sein de la même région: la région Rhône-Alpes.

En effet, les différentes étapes de fabrication des produits (tricotage, teinture, confection et personnalisation) se déroulent dans un rayon de 100 km en région Rhône-Alpes.

Seules exceptions à la règle du Made in France et du super local: les matières premières qui ne se cultivent pas ou très peu en France.

Le fil de coton bio est importé de Grèce, des États-Unis ou d’Inde en bobines de fil écru. Il est ensuite tricoté et teint en France, selon la norme Oeko-Tex. Cette dernière promet une teinture exempte de produits chimiques, nocifs pour l’homme et l’environnement.

Pour la laine, la marque a fait le choix de la laine italienne Miroglio, gage de qualité, mais aussi de la laine française. Elle participe ainsi au renouveau de la filière lainière française en produisant un pull 100 % laine française et naturelle, issue des moutons d’Arles.

Tranquille Emile photo couveture
Fidèle à sa démarche d’éco-conception, la marque est particulièrement vigilante quant à l’impact de chaque étape de fabrication. Fabriquer localement permet de limiter l’impact de la production grâce au mix énergétique français (aucun atelier n’utilise le charbon comme source d’énergie) et aussi d’éviter l’impact lié aux transports grande distance (pas de transport en avion ni en cargo).

En sus des préoccupations environnementales, Tranquille Emile attache aussi beaucoup d’importance au facteur humain. Ils font appel à des ateliers qui emploient des personnes en situation de handicap. Ainsi c’est environ 75% des vêtements de la marque qui sont confectionnés dans des ateliers qui favorisent leur insertion.

Interrogé sur la politique adoptée en matière de soldes Tranquille Emile pratique les Respon-soldes. Contrairement à certaines marques éco-responsables qui ne pratiquent aucune réduction. Puisque le vêtement qui pollue le plus, c’est celui qui reste dans un carton, les Respon-soldes se veulent être des soldes raisonnées sur une sélection de produits avec pour objectifs:

  1. De faire un peu de place pour accueillir la nouveauté et éviter que des invendus, comme les dernières taille XS ou XXL, restent dans des cartons et n’aient été produits pour rien

  1. Permettre à tous, via un prix attractif, de découvrir les qualités des vêtements made in France.

Tranquille Emile revient ainsi à l’origine même des soldes: écouler les stocks d’invendus de la saison précédente afin de les remplacer par de nouveaux produits, sans surproduire et sans opération commerciale agressive.Les intemporels ne sont ainsi jamais soldés. Les remises varient entre -10% pour les produits de la collection précédente, et jusqu’à -30% pour les produits des collections antérieures. Après deux années, si les produits restent malgré tout invendus, ils sont donnés à des associations qui s’occupent des sans-abris.

Tranquille Emile photo duo

Dans une démarche de produire au plus juste, la marque implique directement sa communauté pour produire mieux.


Régulièrement, celle-ci est sollicitée par la marque pour avoir un avis sur les produits les plus pertinents à développer.


C’est ainsi que sont arrivés dans les collections, le tee-shirt en lin mixte 100 % lin français et le maillot de bain pour homme.

La marque a aussi relevé le défi de la doudoune légère, devenue un incontournable du vestiaire masculin et féminin. Ainsi est née en 2019 l’Incomparable, une première doudoune intégralement fabriquée en France avec une certification Origine France Garantie. Une ouate Thermolite® référence de la ouate française, fabriquée en Normandie, associée à un tissu haute performance Sofiguard® déperlant et respirant, fabriqué en Isère.

Engagée dans une démarche d’amélioration continue, une deuxième version de la doudoune l’Incomparable a vu le jour en 2021. Il s’agît de l’Incomparable 2.0 et une version 3.0 est attendue pour l’automne prochain. Membre de Fashion Green Hub, Tranquille Emile croit à la puissance du collectif pour continuer de faire grandir le made in France. Un made in France bienveillant où les expériences des marques servent à d’autres et où les achats mutualisés permettent, grâce à des volumes de commandes plus importants et à leurs renouvellements, de participer à la conservation des savoir-faire et au développement du chiffre d’affaires des entreprises de textile françaises.

Quentin de Tranquille Emile interviendra lors des Fashion Green Day de Lyon le 7 juillet à 14h, sur le thème « Eco-concevoir pour réduire son empreinte environnementale ».

Patricia Calant

Patricia Calant

Fondatrice de la marque Pauz – des pièces essentielles en tissu éponge pour passer du bord de mer à la ville.

“Je crois en un vestiaire limité et polyvalent, fait pour durer”.
Les Tissages Perrin : Une entreprise familiale engagée pour une mode éco-conçue

Les Tissages Perrin : Une entreprise familiale engagée pour une mode éco-conçue

Quand on dirige une usine de tissage créée en 1929 en Isère, comment répondre au défi de préserver l’environnement près d’un siècle plus tard? Comment perpétuer un savoir-faire ancestral: fabriquer des étoffes précieuses, tout en s’adaptant aux besoins et aux contraintes du monde moderne? Aujourd’hui l’entreprise familiale PERRIN réussit le pari de continuer à produire mousseline, gaze, satin, crêpe, taffetas et autres tissus à base de soie pour la mode en réduisant son impact sur l’environnement. Comment y parvient-t-elle?

La question d’être performant et novateur chez PERRIN ne date pas d’hier. Il y a déjà au moins 40 ans l’entreprise décide de moderniser ses méthodes. Elle renouvelle tous les 10 ans ses métiers à tisser (une soixantaine dans l’usine de Grand-Lemps). Le but: consommer toujours moins d’électricité. En 2022, les métiers sont tactiles, plus compétitifs et moins énergivores.

La revalorisation des déchets par les Tissages Perrin

Se pose également la question des déchets. Dans un premier temps, l’entreprise a fait appel à un partenaire qui récolte cartons, papier, plastique pour les recycler… mais aussi chutes de tissu pour les transformer en matériau d’isolation pour les habitacles de voiture. Cependant, l’activité principale de l’usine résidant dans le tissage de la soie. Avec ces déchets nobles, il apparaît nécessaire de les valoriser davantage. Ce qu’on appelle les fausses lisières (qui correspondent aux bordures du tissu) sont ici en 100% soie. Ils représentent entre 2 et 3 tonnes de déchet par an.

Les tissages PERRIN mettent donc en place un système interne de collecte. Cette matière première est ensuite filée par un intervenant externe. On obtient ainsi un nouveau fil de soie, plus épais, moins doux et plus irrégulier que l’original mais écru (qui peut donc être teint). Ce matériau sert ensuite à fabriquer un tissu qui ressemble à du jean. Ce dernier est utilisé par une marque de mode réputée pour créer une collection capsule de pantalons et de blousons.

En ce qui concerne les rebuts de cachemire ou de laine (utilisés par l’entreprise en mélange avec la soie), ils sont retravaillés afin de créer une nouvelle étoffe. Ce matériau aux propriétés isolantes, plus noble que le polyester habituellement utilisé, est destiné à devenir la doublure de doudounes pour une autre maison de mode.

Les tissages PERRIN recherchent actuellement des solutions pour recycler intelligemment les autres matières qu’ils peuvent travailler : polyamide, polyester, viscose et élasthanne. La difficulté principale résidant dans la capacité d’un fil recyclé à être teint.

 

Vers des labellisations

On sait aujourd’hui que la mode et les consommateurs sont en demande de matières soit plus naturelles et moins néfastes pour la santé, soit moins polluantes car éco-conçues. Le PDG des tissages PERRIN avait déjà senti venir cette tendance il y a quelques années lors des salons textiles. Il entreprend donc de faire certifier certaines de ses collections. La mention GOTS (Global Organic Textile Standard) sur les tissus assure ainsi que les procédés de production et de transformation sont respectueux de l’environnement et contribuent au respect et à l’amélioration des conditions de travail, interdit l’utilisation d’intrants dangereux comme les métaux lourds toxiques, les solvants aromatiques, etc…  Le label Global Recyled Standard (GRS) permet de garantir des textiles recyclés avec le respect de critères environnementaux et sociaux (traçabilité des matières premières, production responsable, produits traités durablement, réduction de l’impact néfaste de la production sur les personnes et l’environnement…).

Abdel Belbaraka

Abdel Belbaraka

Directeur des Opérations chez Les Tissages Perrin

 

Les fabricants et distributeurs de mode, souvent sous la pression des consommateurs, se tournent de plus en plus vers des entreprises capables de transparence quant à leurs pratiques et activité. Le label Go for Good crée par les Galeries Lafayette valorisent des produits qui ont un impact moindre sur l’environnement. Ils soutiennent la production locale ou contribuent au développement social.

Les tissages PERRIN n’avaient pas attendu cette prise de conscience pour investir et se restructurer. En effet, ces valeurs correspondent à celles de l’entreprise depuis sa fondation au début du XXème siècle. Si elle a coutume de travailler de manière pérenne avec ses partenaires, développer de nouvelles collaborations, même pour de plus petits volumes, lui permet aussi de se challenger et d’aller encore plus loin dans ses responsabilités. Un client américain lui fait ainsi découvrir une procédure d’audit, le SMETA. Il compile les bonnes pratiques en matière de technique d’audit éthique.

On le sait, malheureusement la culture de la soie en France a disparu au XIXème siècle. Elle s’est délocalisée en Asie mais aussi au Brésil notamment. C’est là que s’approvisionnent les Tissages PERRIN en matière première. Pour tout le reste, leur activité se déroule en France et plus précisément en région Auvergne/Rhône-Alpes. La filature et le tissage sont réalisés en Isère tandis que la teinture est gérée depuis des années par son partenaire privilégié pour l’ennoblissement situé à côté de Lyon, berceau historique des canuts. Cette entreprise est elle-même engagée pour une mode circulaire.

On le voit, perpétuer un savoir-faire de tradition comme le travail de la soie n’empêche pas d’être à l’écoute des enjeux du monde actuel. En 2022, tisser ce produit d’exception destinée à la mode doit répondre à un cahier des charges de plus en plus exigeant, tant au niveau de la préservation des ressources naturelles que du respect des conditions de travail. Comme le dit ce proverbe chinois: «Avec du temps et de la patience, les feuilles de mûrier se transforment en robe de soie». On pourrait ajouter, en robe recyclable, dont la production a nécessité le moins de ressources et de produits chimiques possibles et dans des conditions de travail respectables.

Anne Hory Forest

Anne Hory Forest

 

A la rencontre des créateurs

A la rencontre des créateurs

Lors des Fashion Green Days, qui se sont tenus du 6 au 8 avril, le Grand Hall de la Mairie de Tourcoing a accueilli une quinzaine de créateurs venus présenter leurs produits ou leurs services et représentants toute la chaîne textile, soit de la production de la matière, à la fabrication de collections, également des entrepreneurs proposant des méthodes innovantes de distribution ou des auditeurs en matière d’impact environnemental.

Yolande Klaassen, fondatrice de Revive Clothing Lab, marque de vêtements d’upcycling «made in France» conçus à partir de vêtements existants, nous a parlé de la démarche de l’association pour promouvoir les créateurs.

En effet, Yolande est pilote du projet «Fashion Green Room». L’association aide les créateurs, qui ont un produit ou un service viable, en louant un point de vente physique mutualisé qui est mis à leur disposition. Chaque créateur sera présent lors d’une plage horaire qu’il choisit et qu’il se doit de payer. D’une part, ce mécanisme rend accessible le contact avec la clientèle. D’autre part, le créateur est libre le reste du temps pour se consacrer à son activité créatrice.

Il était important, pendant ces Fashion Green Days, d’offrir une vitrine à des créateurs pour montrer la démarche d’aide aux créateurs de l’association.

Nous sommes donc allés à la rencontre des créateurs présents et leur avons demandé ce qu’ils attendaient en venant ici et ce que leur apportait ce collectif.

Si certains, comme la fondatrice de Chuuutes est venue sans attente particulière, si ce n’est l’envie de découvrir un salon emprunt d’une véritable démarche éco-responsable, la plupart des créateurs, comme la Partisienne, étaient présents avec la volonté d’acquérir davantage de visibilité.

Le coin des créateurs du Fashion Green Days représente alors une vitrine de ce que chacun fait.

Tous nous ont dit leur volonté de montrer ce qu’ils peuvent faire ou ce qu’ils savent faire et surtout, comme le créateur de « Laissez les croire », comment ils le font.
C’est alors venir à la rencontre des clients, de les entendre sur les produits proposés et permettre aux produits d’être touchés. Ici, le « propos, cest la matière » nous dit la Partisienne.

L’objectif est également de pouvoir rencontrer des professionnels, ses pairs, pour -pourquoi pas – nouer des partenariats. C’est aussi d’élargir, grâce à ce réseau, sa visibilité et de se faire connaître au-delà de ce lieu de rencontre.

Ces rencontres, c’est aussi la possibilité de trouver ensemble de bonnes idées: pour Vivaluz « plusieurs cerveaux, c’est plus puissant ».

Ainsi, Piloow nous partage son envie de s’ouvrir aux autres, au-delà de sa région des Hautes-Pyrénées, et de voir ce qui se fait ailleurs. Pour « Laissez les croire », c’est l’occasion de connaître de nouvelles techniques, méthodes, et de partager les savoir-faire.

Enfin, c’est avec enthousiasme que chacun souligne que ce lieu permet de parler de son engagement au niveau environnemental, sous l’égide de l’association «Fashion Green Hub».

Chacun vient, à sa façon et avec son propre prisme, prôner la mode éthique ou une nouvelle façon de consommer, dont il ou elle est convaincu.e quil s’agit de l’avenir de la mode.

« L’économie circulaire, c’est l’alchimie du 21ème siècle : on transforme un déchet en valeur ajoutée, comme les alchimistes transformaient le plomb en or.»

Vivaluz.

Chacun, confronté à une forme de solitude, souligne à quel point l’association, en permettant de construire ce collectif, donne de la puissance à leur engagement: car c’est le collectif qui apporte de la puissance.

Selon Yolande Klaassen, au travers de cette exposition, on donne l’exemple concret de ce que l’on peut faire ensemble sous l’égide de l’association.

La rencontre avec les créateurs pourra se poursuivre dans les magasins mutualisés ouverts par l’association. Le 1er magasin mutualisé ayant ouvert en décembre 2021 à Villeneuve d’Ascq, dans un éco quartier encore en construction, proposant des infrastructures en proximité et des déplacements en mobilité douce. Le tout dans des valeurs locales et éco responsables.

L’association poursuit le développement de ces véritables showcase, vitrine des créateurs de l’association, avec d’autres projets de pop-up en France qui sont en cours, proposant un mix entre créateurs locaux et ceux à vocation nationale.

Elisabeth Da Cruz

Elisabeth Da Cruz

Après plus de 20 années passées au sein de plusieurs grands groupes français, où elle occupait des postes de juriste, Directrice juridique et Directrice des Ressources Humaines Adjointe, Elisabeth da Cruz fait le choix de s’orienter vers une carrière d’entrepreneuse dans le domaine de la mode durable.

Comment mieux acheter ses vêtements? Avec le guide « La face cachée des étiquettes » de SloWeAre

Comment mieux acheter ses vêtements? Avec le guide « La face cachée des étiquettes » de SloWeAre

Le constat: Une augmentation de la consommation responsable

Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir consommer de manière plus responsable. 72% à vouloir consommer moins mais mieux selon une source Ademe x Greenflex 2021. Mais au-delà des intentions déclarées, comment s’y prendre? Comment savoir ce qui est mieux, surtout quand on n’est pas expert de ce que l’on veut acheter?

En matière de mode, qui ne s’est pas demandé en quoi le coton bio était mieux que le coton conventionnel? quid du polyester recyclé vs le polyester, est-ce qu’une matière recyclée est un gage d’éco responsabilité ? Et ce pull made in France, est-ce qu’il est vraiment fabriqué localement, dans quelle mesure la production de toute la chaîne de valeur est localisée en France, ai-je moyen de le savoir? Quid de ce label Oeko Tex que je vois finalement assez souvent, il s’engage sur quoi exactement? etc.

De la même manière que les listes d’ingrédients et le tableau des valeurs nutritionnelles nous en disent beaucoup sur les produits alimentaires que l’on achète, les étiquettes de nos vêtements peuvent nous aider à faire des achats plus éclairés. Encore faut-il savoir les décrypter. Et savoir replacer ces informations dans une connaissance plus fine de l’industrie textile. Car seule la composition doit être renseignée obligatoirement sur les étiquettes en France. Acheter mieux passe donc nécessairement par une meilleure connaissance des enjeux de l’univers de la mode. Que ce soit en matière d’éco responsabilité et au niveau des pratiques des marques que l’on achète.

 

SloWeAre propose un guide pour éclaircir les achats responsables

C’est parce que notre niveau d’information pour acheter mieux est clé qu’Éloïse Moigno et Thomas Ebélé ont rédigé «La face cachée des étiquettes».

La face cachée des étiquettes - SloWeAre
Thomas Ebélé et éloïse Moigno - Fondateur SloWeAre - Fashion Revolution Days 2018
logo sloweare

Éloïse et Tomas sont les fondateurs du label SloWeAre créé en 2017, un label indépendant dédié à l’authentification et la promotion des marques de mode engagées pour l’humain, la planète et la culture. Leur approche est holistique: ils ont pu constater qu’il existe de nombreux labels dans la mode. Mais chacun porte sur un domaine bien particulier les matières premières, la localisation de la production, le commerce équitable etc. Avec SloWeAre, Eloïse et Thomas veulent couvrir tous les champs de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Ainsi pour être labellisé il faut répondre à 350 questions sur toute la chaîne de valeur. De plus, les marques sont également challengées sur 45 engagements éco responsables. Elles sont plus d’une centaine à avoir été labellisées à ce jour.

Leur ouvrage concentre leur expérience accumulée depuis 2017. Il s’agit d’aider chacun.e à avoir un regard documenté, un regard critique aussi sur la mode. C’est un outil pour passer à l’action concrète et devenir un consommateur.rice de mode averti.e. Vous y trouverez des fiches détaillées notamment sur plus de 50 matières textiles et 40 labels, des conseils pratiques et des éléments de réflexion pour consommer en conscience. Pour être outillé.e face à des promesses d’éco responsabilité qui prolifèrent et aux risques de greenwashing associés. Pour être outillé.e face à des obligations d’étiquetage sommaires à ce jour. Les auteurs ont également intégré des conseils à destination des professionnels qui veulent opérer la bascule vers une mode plus responsable.

Un livre accessible à tous

«Besoin d’un nouveau T-shirt? Envie de savoir ce qu’il y a réellement dans votre garde-robe? Nous avons conçu ce livre pour qu’il soit un allié incontournable pour toutes celles et ceux qui sont engagés dans une quête de la transparence et du consommer mieux.»

Pour en savoir plus sur le guide c’est ici!

Caroline Muller

Caroline Muller

Marketeuse & business développeuse

Engagée dans le mieux produire pour mieux consommer.