Cyrille P.Coutansais, la tendance mondiale à la (Re)localisation

Cyrille P.Coutansais, la tendance mondiale à la (Re)localisation

La relocalisation du monde - Cyrille Poirier- Coutansais

Présentation Cyrille P.Coutansais

Marin de formation, Cyrille P.Coutansais est directeur de recherches au CESM (Centre d’Études Stratégiques de la Marine), il est également rédacteur en chef de la revue Études Marines, enseignant à Sciences Po (économie maritime) et auteur de nombreux ouvrages sur la mer.

Sa dernière publication «La (Re)localisation du monde» paru en 2021 est le fruit de ses recherches concernant l’économie maritime et son impact sur la mondialisation.

 

La mondialisation selon Cyrille P.Coutansais

Le chercheur nous explique qu’historiquement la globalisation et la mondialisation ont été rendue possible notamment grâce à deux grands facteurs. Le premier le développement du transport maritime avec l’arrivée des porte-conteneurs. Puis, le deuxième le développement exponentiel des câbles sous-marins qui acheminent les télécommunications dans le monde entier.

D’après ses recherches, la croissance du transport maritime a toujours été plus rapide que la croissance du PIB mondial. Mais, depuis le désastre financier de 2008, la tendance s’est inversée. Il y voit un point de bascule à partir duquel les comportements d’achat et de production se sont profondément transformés.

Face à l’augmentation de l’offre en ligne, les consommateurs sont devenus très volages. Ils sont sujets aux effets de mode et habitués à un confort d’achat lié à l’immédiateté (sur le modèle cliqué-livré). Ce qui implique pour les producteurs d’avoir des sites de production au plus près des bassins de consommation. Cela est désormais possible grâce à la numérisation des usines.

bâteau transport maritime

La (re)localisation du monde

Cyrille P.Coutansais a vu poindre les premiers signaux d’une localisation de la production destinée à une consommation locale émergente. Ce phénomène est présent dans certains pays habitués à sous-traiter ainsi que de nouvelles usines se (re)créer dans les pays qui avait délocalisé leur production.

Selon lui, nul doute sur le fait que cette tendance va se développer. Les marchés vont se réapproprier leur identité à travers la création. À terme les entreprises devront créer des hubs régionaux pour mieux décrypter les tendances et être au plus près des marchés.

L’utilisation des technologies de pointe existantes vont également bousculer nos habitudes de production. En effet, elles nous permettront de produire à bas coût sur nos territoires tout en ayant de vraies vertus en termes d’impact environnemental. Et cela nous permettra d’être plus précis dans la production que la gestion des stocks.

 

Retrouvez-nous le 7 octobre lors du talk sur la (re)localisation du monde. Cyrille nous présentera les enjeux et les grandes tendances qui permettront à chacun de tirer son épingle du jeu dans le futur.

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Adèle Rinck

Adèle Rinck

Consultante Marketing & Communication - Spécialiste de la mode durable

 

 

Le pari de la relocalisation textile:la preuve est dans le sac!

Le pari de la relocalisation textile:la preuve est dans le sac!

Eric Boël, co-dirigeant de Les Tissages de Charlieu et Audrey Thouvenot, responsable RSE Textile International chez Auchan Retail:deux voix à l’unisson pour démontrer haut et fort que le Made in France est possible en mode durable et pour le plus grand nombre. C’est l’histoire d’un défi:produire, chaque année, plus de 10 millions de sacs de courses en Jacquard recyclable. Ainsi économiser 48 000 tonnes de CO2, monter une filière textile circulaire qui va créer 80 emplois, dans la Loire… Cette innovation donnerait-elle le «la» pour réindustrialiser notre pays?

Avec des convictions fortes, un travail en bonne intelligence et du cœur à l’ouvrage, ils co-construisent un avenir meilleur.

collaboration auchan et les tissages de charlieu

La rencontre d’un grand distributeur et d’une «Entreprise du Patrimoine Vivant»

Comment un tel projet a-t-il pu naître?

«C’est toujours des histoires de personnes, un terrain qui est fertile, prêt à accueillir.»
Eric Boël

 

 

«C’est quand se croisent des hommes et femmes qui ont des convictions et des valeurs dans le domaine social et environnemental.»
Audrey Thouvenot

Une première rencontre au Salon du Made in France, une visite à Charlieu dans la Loire pour faire connaissance avec les équipes et capter l’ADN de cette entreprise si particulière. La volonté commune d’avancer par l’action, en matière de RSE et de production responsable.

«Chez Auchan, nous avons une culture humaine forte, de nombreux métiers, beaucoup de formations, nous sommes ouverts socialement. J’ai trouvé aux tissages de Charlieu des valeurs humaines fortes, des sujets communs:l’intraprenariat, l’environnement, l’économie sociale et solidaire.»

Aydrey Thouvenot

 Eric Boël poursuit :

«Notre conviction profonde, c’est que l’entreprise peut et doit être un support d’épanouissement de l’être humain. C’est cela le vrai métier de l’entreprise. On garde toujours en tête cette citation de Victor Hugo. «L’intelligence se nourrit de ce qu’elle reçoit et le cœur de ce qu’il donne.»

En se levant le matin, être capable de se dire:ce que je fais me dépasse et va permettre une fertilité pour la société et les autres. Dans l’entreprise, bien sûr, il faut pouvoir développer nos savoir-faire, ce que l’on vient nous acheter. Mais c’est aussi le savoir-être ensemble et l’engagement. Notre devise:Tissons ensemble de jolis liens. L’engagement vient du cœur. On ne peut pas s’engager si l’on n’est pas mobilisé dans son âme et dans son être. C’est ce qui nous fait grandir et qui fait grandir cette communauté qu’est l’entreprise. Même si on se plante trois fois par jour, on recommence, c’est le chemin que l’on veut emprunter ensemble qui compte.»

Le bon moment pour agir

Auchan vend chaque année des millions de sacs en plastique recyclé. Ils ne sont pas recyclables et sont fabriqués en Asie. L’entreprise veut limiter sa consommation de plastique et de CO2. Membre de Refashion, Audrey Thouvenot sait qu’il est difficile de trouver une alternative. Quand un concurrent fait le buzz avec des cabas en toile de jute, elle se dit qu’il est possible de faire mieux, c’est le bon moment! La rencontre avec LTC résonne: faire du recyclé et du recyclable made in France devient possible… 

«Ma mission est de capter toutes les ruptures favorables à la RSE et ayant du sens pour Auchan. Au sein d’un grand groupe, c’est aussi une question de tempo, de convictions et de freins à lever au sein des services.»

Audrey Thouvenot

En effet, les Tissages de Charlieu travaillent le sujet depuis plus de 6 ans. En 2015, pour L’Accord de Paris sur le climat, l’entreprise a livré les premiers sacs en matières recyclés aux 195 chefs d’État présents.

«Nous avons décidé, il y a deux ans, de construire un robot capable de confectionner les sacs. Et cela de manière totalement automatisée pour obtenir des coûts qui se rapprochent des prix asiatiques. C’est ce qui permet aujourd’hui de pouvoir répondre à un projet important comme celui d’Auchan. Le démarrage est prévu en fin d’année.»

Eric Boël

Pour le territoire, pour l’emploi et la planète

«On est là pour impulser, rendre possible ce socle d’économie circulaire», précise Audrey. Consciente de l’ampleur de la tâche, adepte de l’amélioration continue, Audrey obtient l’engagement de la direction pour lancer ce programme. En effet, la jeune femme est soutenue par la directrice RSE d’Auchan France, Béatrice Javary. Le nouveau cabas est éco-conçu : il sera 100 % Made in France fin 2022. C’est à partir des cabas usagés rapportés par les clients que seront fabriqués les nouveaux sacs.

Les Tissages de Charlieu (LTC) investissent 22 millions d’euros pour la construction d’un tissage. C’est la mise en route de 6 robots de fabrication, une unité de défibrage pour transformer la matière textile usagée en bourre, puis en fil. Ils pourront également répondre à d’autres commandes, d’autres clients.

«L’implantation dans notre ville est essentielle:nous sommes heureux de servir notre territoire, participer à la vie locale, créer des emplois. Nous allons aussi économiser 80 000 tonnes de CO2, soit 1 000 tonnes de CO2 par emploi créé. Cela prouve que l’écologie n’est pas incompatible avec la croissance et la création d’emploi! L’utilisation de matière recyclée nous permet non seulement de retrouver notre souveraineté sur les matières premières, mais aussi de stimuler puissamment notre filière textile et de prouver que nous sommes capables de produire en France ce que nous consommons, même des produits basiques.»

Eric Boël

Co-dirigeant, Les Tissages de Charlieu

Duo de choc pour un partenariat innovant

LTC assurent une capacité de production pour Auchan qui assure de son côté le débouché. Auchan développe la collecte et LTC, la plateforme de recyclage. Chacun reste sur son cœur de métier afin de créer une boucle d’économie circulaire viable économiquement.

Son dirigeant souligne:

«Ce qui est intéressant dans ce programme, c’est l’alliance de la puissance d’un grand groupe et d’une PME comme la nôtre. Le fait qu’ils nous accompagnent sur 5 ans, c’est déterminant car notre investissement est lourd et la sécurisation économique est nécessaire. Le plan de relance nous apporte  800000 euros.»

Audrey Thouvenot indique:

«Ce qui est nouveau, c’est s’engager sur plusieurs années avec une filière. C’est un partenariat, une relation de confiance qui se sont construits au fil des rencontres entre nos deux entreprises. Mon rôle est de coordonner l’ensemble, de trouver des solutions pour faciliter la vie aux LTC qui n’ont pas vocation à faire du retail. Ce qui est formidable, c’est que LTC sont à la fois une entreprise du patrimoine vivant et une entreprise qui innove!»

Le directeur LTC poursuit:

«C’est le process qui est unique, il y a 6 ans de travail. Ce qui dure longtemps se construit lentement! On a mis du temps pour mettre au point des process qui vont nous permettre de livrer ces produits à des coûts intéressants parce qu’il y a une productivité importante. C’est une innovation très forte, d’abord dans sa dimension éthique pour un groupe comme Auchan, de vouloir contribuer à la réindustrialisation de notre pays. Le fait de croire en des PME, le fait que l’on puisse avoir un dialogue, une écoute et une proximité avec un groupe de cette taille-là, c’est précieux. Évidemment, il faut y croire au départ, avoir des personnes qui prennent en charge les dossiers jusqu’au bout.»

Montrer que c’est possible, que le secteur textile est précurseur

La jeune femme révèle avec le sourire dans la voix:

«Ce qui me motive, c’est ouvrir le champ des possibles, rendre les choses accessibles et fun!  Ça donne de la fierté aux collaborateurs, des sourires et de l’énergie. Nous montrons que tout est possible ! Faire un produit beau, créatif, qui diminue l’impact sur l’environnement, valorise l’emploi en France, pour 2 euros.»

 

«Notre pays a un peu perdu confiance dans sa capacité à produire. Mais aussi à vouloir créer des usines, à relever des défis d’entrepreneuriat, poursuit le dirigeant de la PME ligérienne. On a besoin de retrouver ce sens du travail. C’est un combat important. La mission que nous nous sommes donnée, c’est de prouver que nous sommes capables de produire en France des textiles accessibles au plus grand nombre, créatifs, qui contribuent à décarboner notre filière; des textiles qui sont des supports de développement de l’économie circulaire textile française, et qui sont capables de sauvegarder et de développer des emplois industriels dans notre secteur. 

 

Il faut arrêter de penser que l’on est capable de faire uniquement de la haute technologie et du haut de gamme, nous n’arriverons pas à développer l’emploi ainsi. Il faut sortir de nos têtes ce paradigme:un produit basique doit être fabriqué dans un pays lowcost. Nous sommes capables de le produire! Ce qui demande bien sûr de l’innovation de service et de process pour avoir des coûts qui ne sont pas trop décalés. Il y a d’autres projets comme le nôtre, l’usine de chaussures de sports qui se crée à Annonay, l’usine de lin en Alsace avec Pierre Schmitt…

 

Le textile est très emblématique. Si on réussit dans le textile, tous les autres secteurs peuvent le faire. Nous pouvons produire en France ce que nous consommons. Notre secteur textile est précurseur des mouvements de notre société. Il a été la première industrie mondialisée, la première à se délocaliser dans la seconde partie du 20e siècle. Nous voulons montrer que c’est la première industrie capable de décarboner notre production et notre consommation. Le rapport du GIEC sur le climat annonce un réchauffement de la planète plus rapide que prévu. Il faut vraiment agir tout de suite et nous prouvons avec ce programme que c’est possible.

 

Vous le savez à Fashion Green Hub, la mode est un secteur qui respire l’air du temps. Le textile est un secteur agile, tout bouge sans arrêt. Il faut appeler nos politiques à le regarder plus attentivement car il peut donner de précieux enseignements pour l’évolution de nos sociétés.»

Une filière circulaire et nécessaire

«C’est une première expérience circulaire à grande échelle qui me permet d’impliquer doucement les équipes produits et achat et d’amener le consommateur à acheter moins mais mieux.»

Audrey Thouvenot

Directrice RSE DD Textile, Auchan Retail

L’Union des Industries Textiles présente le résultat de l’étude sur l’empreinte carbone de la filière textile française, Eric Boël y relate:

«Ce qui est polluant ce sont les conditions actuelles de production:95,7% de ce qui est consommé en France est importé. Cette fabrication occasionne des pertes, des invendus, qui sont de plus de 37%. Si l’on rapatrie la production en France, chaque point de relocalisation gagné, c’est 5 000 emplois et 50% de diminution de l’impact CO2. On gagne 25% au moins par des circuits plus courts, plus proches des lieux de diffusion et si on utilise de la matière recyclée, on gagne 15%. La somme des 3 atteint 90%:on peut donc diminuer notre impact carbone par 10! Nous n’avons pas de champs de coton mais des milliers d’hectares dans nos placards!»

Sac vert auchan et TLC

Audrey reprend:

«J’ai tenu à tester les nouveaux sacs dans plusieurs magasins. Nous avons supprimé du jour au lendemain les sacs plastiques à 80 centimes et mis à la vente à 2 euros les cabas tissés à Charlieu. Au final:des bonnes remontées sur l’usage, un fort taux de recommandation. Avec le Jacquard, le rapport à l’objet est différent. Les clients nous disent:«je ne l’oublie plus, j’ai envie d’en prendre soin». C’est bluffant, les gens sont mûrs pour faire le pas. Quand ils ont en main le sac, ils apprécient le rapport qualité prix, le made in France, le recyclé, la réduction d’impact, les couleurs basiques des fibres recyclées, le tissage.»

 L’heureux émissaire des Tissages de Charlieu conclut:

«L’informatique est née avec les cartes perforées de M. Jacquard au début du 19e siècle, c’est une fierté française. Cette technique en 3D permet de faire un dessin et peut se substituer à l’impression dans certains cas, éviter les encres polluantes, la chaleur de l’impression. Ce tissu est aussi plus facile à recycler. Les métiers sont numériques, plus rapides, avec des réglages électroniques, de la robotisation, de la CAO:ils sont des supports d’innovation. Pour nous, c’est une technologie d’avenir.»

et l’avenir, Eric Boël le voit «radieux»! De plus, il participera, vendredi 8 octobre, aux Fashion Green Days Territoires Fabricants.

Collaboration sac atelier agile, FGB, Auchan et LTC
Sylvie Bourgougnon

Sylvie Bourgougnon

Des femmes qui veulent construire un monde meilleur, qui rêvent de s’habiller autrement et de superbes tissus dormants, prêts pour une nouvelle vie… C’est la mode responsable que je co-construis dans la Loire, territoire riche de savoir-faire textiles, de solidarité et de créativité.

 

Rencontre avec Anthony Jaugeard, économiste engagé dans la mode durable

Rencontre avec Anthony Jaugeard, économiste engagé dans la mode durable

Anthony Jaugeard, coordinateur du projet Tex&Care

Qui êtes-vous? Quel est votre parcours?

Économiste de formation, je me suis très vite spécialisé sur les approches de développement territorial durable qui mêlent des logiques d’acteurs différents. Mais c’est surtout à la fin de mes études, que je me suis plongé dans l’économie durable. J’ai d’abord travaillé au Centre Ressources Développement Durable (CERDD), en région Hauts-de- France, dans lequel j’ai mené divers projets sur les nouveaux modèles économiques. À l’époque, les notions d’économie circulaire, d’économie de la fonctionnalité… apparaissait tout juste et il y avait un vrai besoin de compréhension. J’ai ainsi intégré l’ADEME, l’agence de la transition écologique. J’étais chargé du sujet de l’économie circulaire. C’est là que j’ai piloté le développement du label national sur ce thème. Sous la casquette de l’ADEME, j’ai participé au lancement des premiers Fashion Green Days.

C’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’intéresser à la mode durable. Après avoir quitté l’ADEME, je me suis lancé dans l’entrepreneuriat sur les sujets de la transition écologique et de la mode écoresponsable. C’est passionnant de pouvoir mener différents projets avec des acteurs divers. Aujourd’hui, je suis coordinateur de  Tex&Care, chaire universitaire sur la mode circulaire, j’anime également le groupe de travail «Mode sans Plastique» chez Fashion Green Hub. L’an dernier, j’ai eu la joie de piloter l’organisation des Trophées de la mode circulaire organisée par la MEL, l’ADEME et la région HDF… C’était vraiment une belle aventure que d’organiser un événement de cette ampleur. Et enfin, aujourd’hui je continue la formation et l’accompagnement sur l’économie circulaire, la gestion de projets, l’animation de séminaires, l’écriture d’articles etc.

Vous avez mentionner votre implication dans la chaire Tex&Care et chez Fashion Green Hub, pouvez-vous nous en dire plus?

Pour Tex&Care, l’idée était de créer une chaire universitaire qui soit interdisciplinaire, qui regroupe des chercheurs dans le domaine des sciences de l’ingénieur textile, des sciences humaines et sociales, dans le marketing, la culture de consommation etc. Le but est de produire une recherche de qualité afin d’accompagner  l’ensemble de la filière vers une transition écologique.

Quant à Fashion Green Hub, l’histoire commence aux premiers Fashion Green Days, auxquels j’ai contribué. Aujourd’hui, je pilote le groupe de travail «Mode sans Plastique». Il s’agit d’un collectif d’entreprises dont le but est d’échanger les bonnes pratiques, trouver des solutions pour mener à la suppression et au remplacement du plastique non réutilisable dans la chaîne d’approvisionnement et dans les textiles. Nous avons d’ailleurs publié un premier Livre sur les polybags en Juin.

J’ai également rejoint il y a peu le conseil d’administration. Enfin, occasionnellement, j’interviens sur des webinaires.

logo tex & care la chaîne de la mode circulaire
logo FGH miniature partage

Quel est le constat, quant à la situation actuelle des entreprises en termes d’économie circulaire/transition écologique?

Je pense qu’il y a aujourd’hui une vraie prise de conscience et une vraie volonté d’agir. L’économie circulaire est un sujet qui parle beaucoup aux entreprises et je pense même qu’il est arrivé d’abord dans l’entreprise avant d’arriver dans des démarches plus territoriales. Je pense qu’il y a de nombreuses entreprises qui, depuis des années, sont très volontaires. On observe de vrais résultats aujourd’hui. Et il y a aujourd’hui une vraie nécessité d’accélérer et d’accompagner ces changements face à l’urgence climatique.

Qu’avez-vous pu observer ou avoir comme remontées des entreprises à la suite des divers dispositifs et plan de relance de l’État?

On voit qu’il y a, du moins pour le milieu du textile, une volonté des entreprises à trouver des solutions plus locales. Le plan de relance est donc un outil qui va pouvoir les aider financièrement à mettre en place des solutions et leur donner un cap. On observe effectivement qu’il a une vraie logique et une volonté politique de relocaliser certaines activités. Prenons la filière lin par exemple, beaucoup de choses bougent de manière assez rapide. De belles initiatives se font observer et on sent que les entreprises sont très en demande de solutions, mettent en place de nouveaux projets etc.

Quelle sont les opportunités pour les entreprises d’adhérer à une économie circulaire?

Pour moi, le principal enjeu de l’économie circulaire aujourd’hui est de limiter notre dépendance aux ressources non renouvelables. Nous ne sommes plus dans le paradigme des ressources abondantes et  peu chères. L’économie circulaire est une opportunité de réinventer le modèle linéaire très consommateur de ressources et générant de nombreux impacts environnementaux (Co2, déchets…). Ce modèle invite à  se requestionner sur ce que l’on produit. Comment le produit-on ? Dans quelles conditions ? C’est l’opportunité de redonner un peu de sens à sa production, sa consommation, qu’est-ce que j’ai envie de laisser aujourd’hui, demain… Cela amène à changer des pratiques de vente, de marketing, de production, de distribution, d’approvisionnement etc. C’est finalement assez global. Cela ne se fait évidemment pas en deux jours. C’est long. Il y a donc une vraie nécessité d’accompagner sur le long terme ces changements, de mettre en réseau les acteurs, de créer des filières… afin d’avancer ensemble

logo région hauts-de-france

Quelles sont les aides pour ces entreprises qui souhaitent leur transition écologique?

Il existe l’aide à l’écoconception de l’ADEME, des aides des régions également, qui soutiennent les projets d’économie circulaire. Cela va vraiment dépendre de la typologie du projet. Mais il existe plusieurs dispositifs d’aides tant pour les achats responsables, que l’éco-conception des produits, ou encore les études de faisabilité, la mise en place d’un procédé… et tout ce qui tourne autour des nouveaux modèles économiques. Il y a donc un panel d’aides aujourd’hui (quelles soient financières ou techniques), du côté des acteurs de l’innovation mais également du côté des acteurs publics tels que les collectivités, les régions et les métropoles.

Quels sont les freins et limites au déploiement de l’économie circulaire?

 Le frein principal est le temps. Certaines entreprises ont besoin de trouver des solutions rapidement, aussi parce que le consommateur est de plus en plus exigeant vis-à-vis de ce qu’il consomme. Ils souhaitent davantage consommer local et responsable. Ceux-ci sont de plus en plus en demande d’exigences sociales et environnementales. Il s’agit donc également de répondre à leurs attentes dans un délai restreint.

 Or les logiques d’économie circulaire sont parfois longues. Elles demandent de faire bouger beaucoup d’acteurs en même temps. Cela constitue donc un frein.

 

Quels sont les enjeux pour les politiques publiques?

Il s’agit d’accompagner finalement ces logiques territoriales, par différents outils: la loi, l’animation, les stratégies, les financements, les appels à projets, etc. Le rôle des collectivités est également de donner des visions. On en a parfois besoin, dans des moments de transition où l’on ne sait pas trop où aller, où l’on observe des signaux alarmants qui sont réels mais qui peuvent être déprimants, démotivateurs, angoissants… On a besoin d’écrire un nouveau futur, de nouveaux horizons, de nouveaux imaginaires. Je pense que les politiques, à travers les stratégies, les prospectives ou encore les hommes politiques, peuvent incarner finalement un discours nouveau, d’un monde désirable, qui soit plus social et écologique.

Mélina Koleskas

Mélina Koleskas

Etudiante à l’EDHEC Business School

 Je m’intéresse à la mode, au bien-être social, au développement durable et à l’innovation. Ces domaines m’animent et me motivent lors de projets. 

Saint Lazare:L’upcycling élégant à la française

Saint Lazare:L’upcycling élégant à la française

Capucine et la naissance de Saint Lazare

Cette maman de deux enfants travaillait jusqu’alors dans le domaine du handicap. Passionnée de couture depuis l’âge de 7 ans, elle crée Saint Lazare en 2019 avec pour mission de donner une seconde vie à des matières destinées à être jetées, en les transformant en accessoires de mode et bijoux.

«J’ai toujours fait de l’upcycling, de la récup’… je taillais dans des chemises ! Ce n’était donc pas nouveau pour moi.»

Capucine est tombée sur une chambre à air de vélo… et en a vu le potentiel! Avec la machine à coudre familiale, elle en a fait des bretelles et des nœuds papillons pour les offrir à ses proches. Suite aux nombreux compliments de ces derniers, la jeune femme a sauté le pas.

Capucine fondatrice Saint Lazare
Ceintrue Vegan Femme Saint Lazare
Sac à dos vegan Sain Lazare

Vous décrirez Saint Lazare…

Capucine a donné le nom de Saint Lazare à sa marque, en référence au quartier haussmannien Saint Lazare, qui est mondialement connu pour ses grands magasins. Cela était donc un clin d’œil au chic parisien et à la mode à la française, mais aussi à l’upcycling, Saint Lazare étant le premier ressuscité dans le Nouveau Testament. Il y a là une référence à la mission de la marque qui est de donner une seconde vie. La signature de l’enseigne est un scarabée, symbole du renouveau dans les films antiques.

Valeur 1:Simplicité

Pour ce qui est des valeurs que souhaite transmettre Saint Lazare, elles sont exprimées de manières claires et précises par la fondatrice. Nous retrouvons tout d’abord la simplicité, aussi bien dans les relations avec les clients et les partenaires, que dans les collections proposées. Les produits sont épurés.

«La simplicité, ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile, c’est peu de choses mais bien pensées.»

Capucine Thiriez

Valeur 2:L’élégance

Sa seconde valeur est l’élégance. La marque met un point d’honneur à ce que les produits soient classes et élégants à la française. Pour cela, elle cherche la qualité.

 

Valeur 3:La transparence

Ensuite, la transparence:Saint Lazare n’a rien à cacher, bien au contraire ! La marque met en avant la manière dont sont fabriqués les produits, où, avec quels partenaires, la provenance des matières etc.

Valeur 4:L’optimisme

Enfin, l’optimisme. La marque est certes centrée autour de l’écologie, du développement durable, mais ne souhaite surtout pas être moralisatrice.

«Chez nous, c’est vraiment on voit le verre à moitié plein. On veut voir tout ce que l’on peut faire pour une mode plus durable, locale, transparente et solidaire.»

Capucine Thiriez

Les produits sont ainsi fabriqués dans divers ateliers en France. Les pochettes d’ordinateurs sont par exemple fabriquées près de Paris, les ceintures dans les alentours de Lille. La marque travaille avec des ateliers de maroquinerie, de découpe laser, des blanchisseries… Nombreux sont les partenaires locaux.

Une marque engagée qui a dû faire face à des contraintes

L’upcycling génère un grand nombre d’aspects positifs. Mais des contraintes existent pour les marques qui s’y lancent, à travers la création d’une entreprise. Tout d’abord, le sourcing des matières n’est pas simple. Il faut réussir à trouver celles qui ont un potentiel de reconversion aussi bien au niveau technique qu’esthétique. Concernant la partie Recherche & Développement, il s’agit de réfléchir à, une fois qu’on a la matière, comment réussir à la nettoyer, à la coudre, à la travailler etc.

Dans le cas de Saint Lazare, il était compliqué de trouver des ateliers et des partenaires avec qui travailler, car les matières sont insolites, nous pouvons citer par exemple les chambres à air de vélo. De plus, la marque travaille dans la maroquinerie, or, celle-ci par définition travaille le cuir. Saint Lazare a donc dû persévérer face aux nombreux refus d’ateliers qui ne voulaient travailler que le cuir.

portefeuille Saint Lazare

«Il faut trouver les bonnes personnes, celles qui sont prêtes à relever le défi, qui arrivent à suivre les contraintes techniques et qui savent s’adapter aux spécificités de nos matières.»

L’actualité de Saint Lazare

L’entreprise a lancé une nouvelle campagne de crowdfunding depuis le 7 septembre 2021. Cette campagne servira au lancement d’un nouveau sac à dos. Un premier avait déjà été lancé auparavant et avait eu un véritable succès. C’est pourquoi la marque a décidé d’en créer un autre avec plus de fonctionnalités. Nous pourrons également retrouver un sac week-end et une trousse de toilette. Un nouveau projet est également en cours de réflexion:

«Notre premier challenge c’était vraiment de réussir à concilier upcycling et élégance, et là on a envie d’aller très loin. Notre nouveau défi est donc d’arriver à faire fabriquer des sacs upcyclés, élégants, made in France, et en plus par les personnes fragilisées par un handicap. Il y a donc une réelle volonté à ajouter une dimension sociale au projet.»

Capucine Thiriez

Avec ce bel élan de solidarité, la marque pleine d’idées et d’ambitions, n’a pas fini de nous surprendre.

Melina Koleskas

Melina Koleskas

Étudiante à l’EDHEC Business School

Je m’intéresse à la mode, au bien-être, au développement durable et à l’innovation. Ces domaines m’animent et me motivent lors de projets.

Renaissance des laines locales

Renaissance des laines locales

Champs de brebis

Brebis -© Marianne Thazet

Laine lavée - © Laines Paysannes

Laine lavée – © Laines Paysannes

Contrairement à l’Angleterre ou à l’Italie, la France a oublié son savoir-faire lainier (les laines). Au fil des dernières décennies, au rythme des délocalisations, nous avons perdu ce blason de notre industrie textile. Pourtant, l’histoire de la laine débute il y a dix mille ans. Il est vertigineux de constater combien l’interconnexion de l’humain et des races ovines a déployé de mythes, de croyances et de légendes. Or, en l’espace d’un demi-siècle, la laine chute de 10% à 1% des fibres textiles mondiales, contre 25% pour le coton et 65% pour les fibres synthétiques1. Cependant, il existe de petites entreprises qui prennent le problème à bras le corps et travaillent à la renaissance d’une filière locale sur nos territoires.

Valoriser la laine des Pyrénées

Laines Paysannes

Entre le mouton et vous, il y a nous, c’est tout.

C’est ainsi que Laines Paysannes se présente, et tout est dit dans cette déclaration. Olivia déclare fièrement:

Notre but est de revaloriser une ressource abandonnée en restructurant une filière Pyrénéenne. 

Entre plaine et montagnes des Pyrénées, l’idée est née d’une rencontre. Celle de Paul, éleveur de brebis, et d’Olivia, tisserande et lainière.

Olivia et Paul-Laines Paysannes

Olivia et Paul – Laines Paysannes

Olivia poursuit:

De la tonte au consommateur final, nous sommes capables d’assurer une traçabilité impeccable à chaque étape (récolte, lavage, filature, tricotage, distribution), en rémunérant au prix juste les différents acteurs.

Pour toute valorisation de la laine, il est très important que les éleveurs soient impliqués.

Début 2016, la création de l’association s’est faite et est devenue une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) en 2018. Le couple est ensuite rejoint par Magalie, Anaïs, Cécile et Sarah. Olivia explique:

La laine pousse toute au long de l’année sur le dos des moutons et se récolte une fois par an pendant la tonte. Pour garantir le bien-être animal et la qualité parfaite de la matière, chaque toison passe dans nos mains. Une par une, elles sont triées avec soin. C’est cette expertise de la matière qui fait toute la singularité de Laines Paysannes, sa démarche aboutie.

Pull Laines Paysannes

Pulls Laines Paysannes

Laines Paysannes : une gamme de produits naturels

Professionnels de l’industrie textile, ils maîtrisent la traçabilité de leurs produits :

Nous savons de quel troupeau viennent nos chaussettes ! Les couleurs des laines sont naturellement belles et variées. Nous avons donc fait le choix de développer une gamme de produits aux couleurs naturelles des moutons, sans aucune teinture.

 

Cette démarche séduit une clientèle en demande de produits sains, naturels, durables, autant de qualités garanties par une agriculture paysanne et diversifiée. Laines Paysannes produit des pulls mixtes, des chaussettes et bonnets, du fil à tricoter mais aussi des pièces de décorations comme des tapis. Et ne s’interdit pas de belles collaborations.

 

Laines Paysannes X Teixidors

Avec Teixidors, le partenariat est né. Il est autour d’un fil Laines Paysannes et d’un design mis au point ensemble pour des coussins, plaids, écharpes et châles. Teixidors est avant tout un projet social, qui travaille à l’insertion de personnes en situation de handicap grâce au tissage. Une rencontre affective, des valeurs communes. Avec le collectif de mode parisien GAMUT, qui se recommande d’une gouvernance horizontale, Laines Paysannes fait le lien avec la matière. Tout cela, pour un fil 100% laine utilisé dans la création d’une collection capsule. Promeneurs des Pyrénées, croiserez-vous la Caravane boutique d’Olivia et Paul sur les marchés locaux?

Une démarche de vente directe, esthétique, qualitative et contemporaine pour construire une mode libre et écologique.

Laines De Par Ici

Moutons – Laines De Par Ici

En Île-de-France aussi

À l’image de Laines Paysannes, Laine De Par Ici crée des ponts entre l’élevage et l’artisanat. Ce projet permet de mettre en exergue des solutions aux problématiques socio-économiques communes des éleveur.euse.s et des artisan.e.s.

L’objectif

Le but? Mettre à disposition des unités de transformation lainière pour que ces dernier.ère.s, à un niveau local en Île-de-France, se voient valoriser leurs productions.

Ce regroupement d’acteurs locaux et professionnels (ou en voie de professionnalisation) souhaite remonter une filière laine éthique et durable dans une perspective de développement et de distribution. Avec des valeurs affirmées : un système local, durable, social et solidaire qui revalorise les écosystèmes pour une agriculture écologique. Cet élevage respectueux de qualité  soutient les circuits-courts. Il maintient aussi l’artisanat lainier tout en garantissant la transparence et la traçabilité d’une laine des troupeaux d’Île-de-France revalorisée.

Naissance projet Laine De Par Ici

Laine De Par Ici est né à l’initiative d’Élise Jarreau et Olivier Marcoyoux. Aujourd’hui, le projet est à la tête de 300 brebis nourries en éco-pâturages. Un élevage dédié à la viande désormais nomade avec des transhumances tous les 3 mois, privilégiant le plein air dans des champs cultivés en bio. Pratique qui garantit une qualité de viande et de lait remarquables et, par ricochet, une laine impeccable pour les toisons valorisées par Élise dans les étapes de transformation suivantes.

Formé à l’École Du Breuil en agriculture urbaine et périurbaine et impliqué dans le projet, Lionel Buchman souligne la difficulté que rencontre la filière dans l’approvisionnement de fil:

avec un lot de 20 à 30 kg de laine, on produit une trentaine de pulls. La difficulté est de reconstruire une filière dévastée depuis 3 décennies.

Saviez-vous qu’après la tonte, on ne récupère qu’environ 50% de la laine à la suite des opérations de lavage et cardage? Lionel souligne:

Avec cette filière que nous tentons de recréer, nous tirons cette production vers le haut. Les moutons et brebis d’Olivier sont dans leur environnement et s’auto-nettoient naturellement, il y a donc moins de perte. 

C’est tout le sujet de l’agriculture régénératrice : pour augmenter la qualité, il faut repenser l’élevage.

Le problème des quantités

Difficile de trouver une place dans les filatures existantes avec de petits lots. Élise Jarreau embarque d’autres éleveurs.

Avec Laurence Anglade (Présidente de Laines de Par Ici jusqu’en 2020), elle crée un local à Magny-les-Hameaux avec pour ambition de réaliser les opérations successives post-tonte: lavage, cardage et feutrage. Un projet mis en pause par la crise sanitaire en 2020 mais qui reprend peu à peu. Il est complètement autofinancé, et devrait tourner à l’horizon 2022. Tout un écosystème se met en place avec des artisans disséminés sur le territoire français. Une vision écologique qui inclut une unité de lavage mobile respectueuse des écosystèmes, l’étape de lavage s’avérant très polluante. La problématique actuelle reste de réunir les éleveurs d’Île-de-France pour les embarquer dans ce système de revalorisation de la filière. En connectant les éleveur.euse.s avec les artisan.es teinturier.ères locales qui travaillent les teintures naturelles et les marques de mode éco-responsables, on crée de l’engouement autour d’une matière première d’exception.

Laines De Par Ici Tonte moutons

Tonte moutons – Laines De Par Ici

Le cas du mérinos d’Arles

Philippe Rodzinski s’intéresse lui aussi à la chaîne de valeur, à la transparence, et à l’économie circulaire. Avec le nouveau label Kermer, il monte un cahier des charges qui privilégie la transparence et l’écologie sur la chaîne de production et la chaîne de valeur. Avec pour toile de fond une revalorisation de la main de l’homme garantissant une réduction de l’empreinte environnementale en écartant l’usage de tout produit synthétique.

Pour mettre en place une ligne complète avec une traçabilité complète et certifiée 100% française, il choisit la laine mérinos d’Arles, un produit exceptionnel remis en route il y a une trentaine d’années mais aujourd’hui exportée à 90% vers l’Asie. L’origine des troupeaux (environ 1000 têtes aujourd’hui) est garantie au plateau près. La filature est implantée près d’Arles. La Scoop Clarenson tissera les lainages à Brassac. Le cahier des charges inclut des teintures végétales aux couleurs explosives (“lemon”, “green”, “magenta”) aux côtés des couleurs naturelles des troupeaux. Des essais en unis et en chinés sont en cours avec de belles perspectives au niveau de la main, des finitions et des tissages rares (natté, sergé, satin). Un projet toujours en R&D mais qui suscite déjà l’engouement, avec une première commercialisation prévue au cours de l’été 2021. Philippe Rodzinski conclut:

On peut revenir à notre savoir-faire ancestral et monter des filières responsables et locales, à nous de montrer que c’est possible!

Le grand public ne s’y trompe pas et plébiscite aujourd’hui de plus en plus des produits de mode transparents et traçables. Un bel avenir pour une agriculture régénératrice qui recrée du lien social au niveau des territoires.

  1. Les Textiles, ouvrage collectif, éditions Actes Sud/ Fondation d’Entreprise Hermès (2020).
Catherine Daurias

Catherine Daurias

Journaliste chez HUMMADE