La mode mise sur l’upcycling!

La mode mise sur l’upcycling!

Upcycling Plateau Fertile Tessigraphes

L’upcycling s’impose de plus en plus dans l’industrie de la mode. Dans cet article, nous parlerons de l’impact de la mode sur l’environnement. Qu’est-ce que l’upcycling? Quels sont ses avantages?

“Rien ne se perd, tout se transforme.”

 

L’upcycling: définition

Le terme upcycling ou surcyclage en français désigne l’action de récupérer des tissus ou des vêtements déjà existants, dont on ne se sert plus. L’idée est de les valoriser, en fabriquant des vêtements de qualité ou d’utilité supérieure à leur état d’origine.

La mise en pratique requiert un réel savoir-faire. Il faut:

  1. dénicher le bon tissu,
  2. vérifier son état,
  3. le nettoyer.

Ensuite, vient tout le processus de création et de conception de la nouvelle pièce à partir de l’ancienne.

Ce procédé est l’une des réponses potentielles à la crise existentielle du luxe qui, à force de multiplier ses enseignes et de proposer les mêmes produits aux quatre coins du monde, a fini par perdre l’originalité qui caractérise la mode.

 

Le secteur textile présente un bilan alarmant

L’industrie de la mode est l’une des plus polluantes au monde. La fast fashion induit une fabrication de plus en plus massive. Ces trois dernières années, la production de vêtements a augmenté de 20%.

Selon le media Business of fashion, une femme achète en moyenne 30 kg de textile par an et, moins d’un quart sont recyclés. En effet, on comptabilise 160 000 tonnes de vêtements recyclés pour environ 700 000 tonnes d’achats. L’équivalent de 442 millions d’euros de vêtements sont donc jetés chaque année. On a encore des progrès à faire en termes de recyclage.

Toute cette façon de consommer et de gaspiller génère une pollution de l’eau, de l’air avec les gaz à effet de serre et, met en péril la santé des gens qui produisent dans des conditions de plus en plus précaires.

 

Une somme d’actions engagées pour changer la donne

“En effet, selon L’institut d’étude Yougov, 23 % de la population affirme avoir déjà acheté un produit upcyclé et plus d’un français sur deux a l’intention d’acheter un produit issu de l’upcycling dans les prochains mois.”

Cela reste difficilement quantifiable, mais de nombreuses marques de vêtements upcyclés ont vu le jour ces dernières années. De plus, c’est un sujet désormais abordé et étudié attentivement dans les écoles de mode. Les étudiants se sentent très concernés par l’impact environnemental de la mode. Ils ont envie de s’engager à produire des vêtements plus responsables et écologiques dans leurs futurs métiers.

 

Les créateurs précurseurs en surcyclage

Avant même que l’on se soucie de la santé de notre planète et que l’on puisse imaginer que l’industrie de la mode puisse être responsable de catastrophes environnementales, en 1990, Martin Margiela a présenté une collection réalisée à partir de sacs plastiques Franprix. Par la suite, il a même lancé une «ligne 0» entièrement recyclée.

archive exposition margiela au palais galiera 2018

Archive exposition Margiela au palais Galiera 2018

Un peu plus récemment, en 2013, la marque Andrea Crew a proposé des collections entièrement recyclées, alors que la cause environnementale n’est pas encore au cœur de nos priorités.

C’est avec l’arrivée de Marine serre, qui remporte le prix LVMH en 2017, que tout se démocratise et s’accélère. Les grandes marques de luxe comme Balenciaga développent alors des pièces à partir d’invendus des dernières collections.

En parallèle, de nombreux concours de mode favorisent désormais des créateurs engagés écologiquement. Il y a même des prix visant à récompenser et à encourager les démarches éco-responsables dans la mode qui se sont créées, comme Les Trophées de la mode circulaire.

 

Les avantages de l’approche upcycling

    • Écologique: recycler une matière déjà existante est beaucoup plus économique en eau et en énergie que de créer une nouvelle matière. On réduit également la production de déchets et on devient acteur d’une société plus écologique.
    • Économique: l’achat de matières de seconde main est moins cher qu’une matière neuve.
    • Originale: cette méthode stimule la créativité et les pièces sont plus originales.
    • Rare: elle permet d’avoir des pièces uniques ou en séries limitées. Vous êtes assuré de ne pas croiser quelqu’un avec la même tenue que vous!
Louise Marcaud

Louise Marcaud

Jeune créatrice de mode dont les valeurs sont basées sur l’up-cycling et la slow fashion qui lui inspire une esthétique minimaliste. Retrouvez tout son univers sur www.louisemarcaud.com.

Une année de création, d’échanges et de transmission: retour sur les actions de Fashion Green Hub en 2021

Une année de création, d’échanges et de transmission: retour sur les actions de Fashion Green Hub en 2021

En 2022, les projets de Fashion Green Hub continuent de battre leur plein! C’est l’occasion de revenir sur les actions qui leur ont donné cette impulsion cette année.

Consolider des espaces de formation, partage, création et production

Annick Jehanne représente Fashion Green Hub à France Tiers Lieux

Depuis la création en 2018 du Plateau Fertile, son tiers-lieu dédié à la mode circulaire et inclusive, Fashion Green Hub est devenu un lieu d’échange et d’expérimentation pour les professionnels de la filière textile des Hauts-de-France. 4 ans plus tard, le tiers-lieu confirme sa pertinence en obtenant le label “Manufacture de Proximité”, accordé par le Ministère de la Cohésion des territoires et des Relations avec les collectivités territoriales, et le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance.

Il rejoint ainsi un réseau de 20 tiers-lieux, sélectionnés pour leur contribution à la production locale, la formation et l’emploi des acteurs de leur territoire. Pour pérenniser le rôle fédérateur et formateur de son tiers-lieu auprès des professionnels, l’association bénéficiera d’un accompagnement et d’un soutien de l’État.

Grâce à lui, elle pourra dès 2022 approfondir ses activités de formation et les étendre au-delà de la région. Par exemple en concrétisant son ambition d’implanter un nouveau tiers-lieu à Paris.

Réunir, faire discuter et former les professionnels de l’écosystème textile, c’est aussi ce qu’a fait Fashion Green Hub lors de 4 événements. Cette année, les FashionGreeDays et FashionTechDays ont réuni 200 intervenants et 2300 visiteurs, en présentiel et en digital. Tous ont pu échanger leur savoir-faire et leurs solutions pour une mode à la fois durable et innovante. Ces rencontres contribuent à réduire l’impact environnemental de la filière mode et textile.

Faire bouger les lignes avec des actions concrètes à impact positif

L’impact des actions de FashionGreenHub en 2021 tient aussi de la mobilisation de ses adhérents. En fin d’année, un collectif de 37 créateurs membres de l’association a organisé la boutique mutualisée FashionGreenRoom. Pendant plus d’un mois, les créateurs ont investi 300 m² pour y installer leur pop-up store. Il se situe dans un ancien bâtiment des 3 Suisses, au cœur de l’écoquartier de la Maillerie à Croix. Leur point commun: une production locale privilégiant les circuits courts, et l’utilisation de matières de seconde main ou dormantes.

Le succès de cette première boutique de la mode circulaire illustre l’esprit de l’association. En mutualisant les ressources, le temps ou encore les compétences de chacun, elle a permis à ces créateurs indépendants de faire connaître et faire avancer leurs projets engagés.

C’est en fédérant les efforts que l’association réussit, depuis des années, à créer du changement dans l’écosystème mode et textile. En 2021, elle a continué dans cette lancée. En effet, elle a réuni des professionnels, entreprises et experts dans 4 groupes de travail dédiés à des enjeux urgents de la filière.

Les travaux du groupe “Mode sans plastique” ont mené à la publication d’un livre blanc en libre accès. Ce dernier reprenant des solutions pour supprimer et remplacer le plastique non réutilisable des chaînes d’approvisionnement et des textiles. Cette expérience encourageante et concluante se poursuit en 2022. Les réflexions des groupes “Mesurer la mode”, “Lin” et “Upcycling” pourront faire changer durablement la filière.

 

La production locale et écologique se met aussi en marche au sein-même de FashionGreenHub. L’association soutient le développement de l’Atelier Agile, un nouvel atelier de production à la demande 4.0. Il permettra de passer de l’idée à la collection en 7 jours, en conciliant économie et écologie.

Constitué en SAS sociale, l’atelier est soutenu par ses actionnaires Blancheporte, ID Group, Lemahieu et Les Tissages de Charlieu. Il bénéficie aussi d’une aide de 600 000€ de la Région Hauts-de-France dans le cadre d’un PIA filière, et est labellisé par Euramaterials.

En début d’année, FashionGreenHub a aussi lancé sa propre collection de tee-shirts éco-locaux en lin et viscose recyclée, fabriqués entre Caudry et Roubaix.

Continuer à transmettre et mutualiser les connaissances dans un réseau fortifié

Cette année, FashionGreenHub a développé et renforcé son offre de formations pour mieux accompagner les créateurs et porteurs de projets. Depuis la création de Fashion Green Business, 2 promotions y ont participé. Ils ont déjà pu apprendre l’écosystème et le fonctionnement d’une entreprise de mode durable, grâce à des formateurs et consultants compétents.

Avec eux, l’association a aussi organisé des formations pratiques dédiées à des techniques innovantes. Par exemple, c’est le cas pour la maîtrise de logiciels de conception virtuelle. En 2022, FashionGreenHub souhaite encore diversifier son offre pour proposer, par exemple, des formations aux métiers de la confection.

 L’association continue à consolider et étendre son réseau, avec 150 nouveaux membres en 2021. Elle constitue avec ses 300 adhérents une véritable communauté d’entraide et de communication. Au-delà des Hauts-de-France, l’écosystème FashionGreenHub a continué à se structurer cette année partout en France. En effet, les membres sont réunis au sein des Café Fertile: Nord, Lyon AuRA, Grand Paris, et Ouest. Et ce mouvement continue en 2022, puisque de nouveaux groupes régionaux sont déjà en cours de constitution dans le Sud-Est et le Sud-Ouest.

 

Professionnel, expert, entreprise ou créateur, si vous souhaitez vous aussi participer au changement durable de l’écosystème textile, rejoignez-nous!

Adèle Chevalier

Adèle Chevalier

Fashion Green Room: la boutique de la mode circulaire

Fashion Green Room: la boutique de la mode circulaire

fashion green room pop-up store

Un pop-up store pour des achats engagés

Le 10 décembre 2021, Fashion Green Hub a dévoilé son 1er concept store mutualisé dans le nouveau quartier de Croix au cœur de la métropole de Lille. Ce pop-up, entièrement dédié à la consommation locale et raisonnée, se tiendra du 10 décembre 2021 au 15 janvier 2022.

Née en 2015 de la volonté de transformer la filière du textile, Fashion Green Hub fédère aujourd’hui plus de 300 membres. Des acteurs engagés en faveur d’une mode écoresponsable et circulaire.

“Forte de cette émulation créative, l’association a décidé de rendre visible les marques de son écosystème. C’est dans ce contexte qu’est apparu son 1er concept store mutualisé, accessible jusqu’à mi-janvier 2022.”

La Maillerie: un village de la mode écoresponsable et locale

La Maillerie est situé au même endroit que l’ancien bâtiment logistique des 3Suisses : entre Croix et Villeneuve d’Asq. Un nouveau quartier qui s’est imposé comme le lieu idéal pour le village de la mode écoresponsable et locale. Fidèle à l’histoire du lieu, ce nouvel espace commercial réserve en effet une place importante à la mode mais aussi à l’alimentation.

L’endroit a d’ailleurs été pensé pour répondre aux préoccupations essentielles des habitants du quartier : bien se nourrir et bien se vêtir.

Depuis la fin d’année 2021, de nombreuses échoppes se sont alors implantées comme :

  • Biltoki, une halle gourmande de 1 000 m2,
  • l’estaminet futuriste Hein de Brique House Brewery,
  • ainsi que Slowmod, une boutique d’articles de seconde main,
  • et Le Concept Store.

De son côté, le Fashion Green Room a pris place en avant-première depuis début décembre. Une installation dont la volonté est d’ancrer ce lieu historique de la mode dans un futur résolument écoresponsable.

Une journée d’inauguration: le 10 décembre 2021

En hommage au passé du lieu, la Maillerie a organisé une journée d’inauguration comprenant :

  • un défilé de mode,
  • ainsi qu’une vente aux enchères des pièces de créateurs précédemment commercialisées par les 3Suisses.

Un événement qui a valeur de symbole pour nombre de créateurs de l’association dont certains membres sont par ailleurs d’ex-collaborateurs du vépéciste lillois.

“Les bénéfices serviront à soutenir les créateurs de l’association FGH.”

la maillerie mode ecoresponsable

Le top des idées cadeaux durables

À n’en pas douter, le 1er pilote de Fashion Green Room s’annonce comme une destination exceptionnelle pour des idées de cadeaux locales et écoresponsables.

“Le pop-up réunit une 40aine de marques qui privilégient une consommation raisonnée et éco-responsable.”

Le Fashion Green Room est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux concepts créatifs. Le Bar à projets vous propose une vitrine des concepts de créateurs en cours de réalisation:

  • Deuxième Soi: donner une deuxième vie aux vêtements ;
  • JOG & JIM: des vêtements de sport confortables et colorés, conçus sans plastique ;
  • Kelval: design et historiettes originaux en attendant la production de tee-shirts en coton bio ;
  • La Petite Boucle : marque de coupe-vent upcyclés à partir de parapluies inutilisés ;
  • et SAM: outil en textile Sensoriel, Apaisant et Modulable pour accompagner les séances de psychomotricité.

Des animations et des ateliers, pour les grands et les petits, sont également proposés tout au long de l’événement. Réservez vite vos places pour offrir des cadeaux faits main et éco-responsables.

Retrouvez tous les créateurs juste ici !

Valérie Quélier

Valérie Quélier

Consultante en communication (graphisme et rédaction), fondatrice de la marque KelVal.

Pour en savoir plus: www.kelval.com.

BOLID’STER, fabrication française pour la sécurité des motards

BOLID’STER, fabrication française pour la sécurité des motards

bolid'ster vêtement technique motard

Comment est née l’histoire BOLID’STER ?

bolidster capbreton

 

Tout commence en 2001 lorsque Pierre-Henry Servajean (gérant BOLID’STER), vendeur de tissu français, tombe de sa moto. Il se rend alors compte que son équipement est loin d’être suffisant pour le protéger. Il porte une paire de jean. Un vêtement représentatif du motard français léger et confortable mais peu résistant à l’abrasion.

À la recherche du pantalon idéal, il se confronte à un choix drastique. Pierre-Henry doit choisir entre la sécurité avec un pantalon protecteur très lourd et peu confortable lorsqu’on ne roule plus ou le confort avec un pantalon classique dans lequel on est libre de ses mouvements une fois à terre mais qui ne protège pas assez de l’abrasion et des chocs.

Aucun pantalon ne répond à ses critères. Il part donc à la recherche d’un tissu qui aurait ses qualités. Mais il ne trouve rien. Du côté des fils non plus. Qu’à cela ne tienne, Pierre-Henry ne se démonte pas. Parmi ces nombreuses recherches, il finit par trouver une fibre non-textile hyper résistante: le polyéthylène. Elle est à ultra haut poids moléculaire issu du domaine aérospatial et militaire. Il faut maintenant trouver un moyen de lier ces fibres à des fibres textiles pour en faire un tissu. C’est ainsi que naît l’Armalith®. Le premier d’une série de brevets, il est déposé en 2003.

 

De l’armalith® à l’armalith 2.0®

bolidster armalith

En 2005, Pierre-Henry est lauréat du concours d’innovation European Grand Prix for Innovation Awards qui a financé l’étude de marché de l’armalith. Cela a permis de révéler qu’il y avait une clientèle demandeuse d’un jean qui pourrait protéger efficacement lors de chutes de moto tout en étant souple et léger.

Ainsi Esquad, la start-up qui conçoit des jeans en armalith est créée. En 2008, un Hummer de 4 tonnes est même suspendu au bout d’un jean en armalith. La matière fait ses preuves et 70 % des jeans sont exportés à l’étranger. Mais la crise de 2008 a un énorme impact sur cette start-up qui s’effondre et subit une liquidation. C’est, a priori, la fin de l’aventure. Pierre-Henry redevient salarié mais réussit toutefois à sauver son brevet.

En 2011, ne voulant pas abandonner, le père de l’armalith lance un concours sur LinkedIn. Il cherche un industriel qui réussira à mettre au point l’armalith 2.0. Un tissu qui serait stretch et utiliserait du vrai indigo, sans perdre ses qualités mécaniques et écologiques. À la clé de ce concours : une licence d’exploitation pour vendre ce tissu innovant.

C’est Tejidos Royo, fabricant de tissus espagnol mondialement connu, qui remporte ce concours. Ce dernier met au point en 2014 un premier prototype. Pierre-Henry n’en revient pas.

“Le tissu est magnifique, stretch, lumineux et avec un très beau délavage!”

Bien que la matière soit exceptionnelle, l’industriel n’arrive pas à la vendre car elle est considérée trop chère.

Tejidos Royo, toujours convaincu de l’avenir de cette innovation, recrute Pierre-Henry au poste d’agent commercial. La vraie aventure commence ! Ce dernier part dans le monde entier et signe alors avec les plus grandes marques de motos : Harley Davidson, Triumph, Dainese… L’armalith est enfin reconnue à sa juste valeur.

En 2016, Pierre-Henry lance Bolid’ster avec l’envie de « pousser tous les curseurs pour aller au-delà ». L’objectif est de proposer un jean à très haute performance et haute fiabilité. Un jean qui serait léger, résistant à l’abrasion, à la déchirure et à la coupure et tout ça made in France!

Le pari est réussi. Depuis 2017, Bolid’ster confectionne tous ses produits dans un atelier à Capbreton. La confection française propose un réel avantage. Elle permet d’être en lien direct et régulier avec les ateliers pour concevoir des produits toujours plus beaux et résistants.

 

Une confection française, respectueuse du patrimoine, de l’humain et de l’environnement

bolidster made in france

 

La matière première, l’armalith est actuellement toujours produite en Espagne par Tejidos Royo. Les étapes sont:

  1. la filature,
  2. la teinture traditionnelle indigo,
  3. et l’ennoblissement à froid.

L’industriel a d’ailleurs investi 2,5 millions d’€ pour ne pas chauffer le tissu à 180°C, comme cela se fait habituellement, tout en gardant l’élasticité du tissu. C’est un réel progrès écologique en plus d’être une contrainte du matériau qui ne résiste pas à plus de 80°C. Il a réussi à baisser la chauffe à seulement 60°C ce qui permet également de ne pas « cuire » le lycra et de garantir une extensibilité nerveuse et durable.

“Le tissu résiste à plus de 1 000 lavages sans que l’élasticité ne change contre 12 pour un jean issu de la fast fashion.”

Une fois ces étapes passées, le tissu est envoyé en France dans l’atelier de Capbreton. Celui-ci a été une réelle opportunité pour Bolid’ster qui a laissé carte blanche à l’équipe pour créer l’atelier rêvé, performant et respectueux des savoir-faire traditionnels.

Et c’est notamment grâce à Samuel Beraha, le consultant, expert absolu du made in France, que l’atelier se remplit de machines traditionnelles. De nombreuses personnes sont formées pour travailler dans l’atelier. Pierre-Henry met un point d’honneur à respecter le travail des opérateur.ice.s et leur bien être. La confection prend beaucoup de temps car il y a une réelle attention portée à chaque étape.

“Pour vous donner une idée, une paire de jean produit pour la fast fashion, en Asie, prend 11 minutes à être confectionnée alors qu’une paire de jean Bolid’ster, en France, prend 1h50.”

La matière en plus d’être très chère est difficile à contraindre. Une attention particulière est d’ailleurs portée au travail des opérateur.ice.s pour limiter la fatigue.

Une fois le produit découpé et assemblé, il est envoyé à Bordeaux chez « le sorcier », comme Pierre-Henry aime l’appeler. Celui-ci:

  1. modifie la chromie,
  2. fait rétrécir la toile,
  3. et applique une résine naturelle qui va durcir le tissu.

Le client peut alors acheter son bien en toute sérénité.

 

Les produits Bolid’ster, un sentiment d’appartenance

bolidster produit

Chaque produit est numéroté afin de suivre toutes les étapes de conception. Ce numéro est ensuite lié aux coordonnées du client. Ce n’est pas UN produit mais CE produit que le client achète. Il va ensuite l’accompagner sur un long chemin car il est garanti 10 ans avec réparations possibles.

Lors de la 1ere utilisation, la résine va craquer aux pliures et ainsi marquer le jean de l’empreinte de son propriétaire. Les 8 bains d’indigo à froid que reçoivent les fils lors de la teinture vont également se devoiler petit à petit. Ils vont laisser place à «une très belle patine indigo qui va s’amplifier d’années en années et ainsi donner un aspect unique au jean» précise Pierre-Henry avec émerveillement. Le sentiment d’appartenance est bien présent et le consommateur ne se lassera pas de cet objet qui témoigne de ses aventures, ses sensations, ses réussites et ses échecs.

À travers cette marque, Pierre-Henry témoigne de son respect et de son admiration pour l’histoire et l’industrie du jean. Il prend le temps de confectionner le produit parfait et propose un jean fait en France technique et authentique.

Pour commander et entrer dans l’univers Bolid’ster, c’est par ici: BOLID’STER – Le jean en ARMALITH® le plus résistant au Monde.

Natacha Varez Herblot

Natacha Varez Herblot

Jeune designer, Natacha crée un objet textile sensoriel et modulable qui accompagne des exercices de psychomotricité pour les personnes en situation de handicap.

House Of Tribes: l’événementiel devient une expérience hybride

House Of Tribes: l’événementiel devient une expérience hybride

Jon Lipfeld est un entrepreneur au parcours riche et diversifié dans la mode:
de la fabrication textile à l'organisation d'événements, en passant par l'e-commerce.
jon lipfeld fashion green business

En 2021, il co-fonde House Of Tribes, une plateforme de mise en relation et un studio pour accompagner les professionnels de la mode et du lifestyle dans la création de leurs événements et leurs contenus.

Fin observateur des tendances et des mutations du marché, c’est notamment un passionné de relations humaines pour qui la rencontre demeure une valeur essentielle.

Mais petit retour en arrière!

L’hybridation événementielle: qu’est-ce que c’est?

Alors que nous sommes en plein confinement, en mars 2020, Jon se pose la question suivante: «Le jour où je ne pourrai plus faire mon métier en physique, comment pourra-t-on faire?». Il n’est d’ailleurs pas le seul à envisager le futur de l’événementiel dans un monde où on ne peut plus rassembler les personnes physiquement. Comment faire des défilés? Comment faire des salons de mode?

Eric Briones, au même moment, commence la rédaction de son prochain livre: Luxe et Résilience. Il contacte alors Jon et lui propose la rédaction d’un chapitre sur l’hybridation événementielle.

“Comment créer des événements hybrides en mixant physiques et digital?”

Un véritable sujet d’anticipation alors que nous étions au début de la crise Covid… Les éditions DUNOD publient le livre mais une nouvelle problématique apparaît. Comment promouvoir la sortie alors que tout est fermé et que chacun reste chez soi?

De cette contrainte est née la première expérience digitale orchestrée par Jon. Il fera intervenir toutes les personnes qui ont participé à la rédaction du livre à travers des tables rondes diffusées en live et en duplex.

Cela n’en reste pas moins un vrai moment événementiel puisqu’un plateau TV sera monté dans la Paris School of Luxury, accueillant les intervenants en présentiel et à distance. Le tout sera retransmis avec la possibilité d’interactions du public via des plateformes de chat et des «rooms» de conversations en petits groupes. 

Cette aventure littéraire digitalisée sera donc le point de départ d’une nouvelle réflexion pour Jon.

Comment mixer physique et digital dans un même événement?

C’est aussi le point de départ d’une nouvelle aventure entrepreneuriale. L’envie de créer sa propre agence, où l’on réfléchit autant à proposer une expérience qu’à créer du contenu. Il ne veut pas de se consacrer qu’au digital. Car soyons réalistes, cette crise Covid ne va pas éternellement nous isoler les uns des autres. Notre volonté de passer à autre chose va se faire ressentir à un moment ou un autre. Commence alors une phase d’observations des pratiques. Que se passe-t-il dans tous ces webinars, défiles de mode filmés, expériences immersives 3D ou autres avec ou sans avatar…

square banniere house of tribes

UNDISCLOSED par HOT: le premier événement hybride

Cela se concrétisera fin septembre 2021 à LA CASERNE, accélérateur de transition écologique pour la filière Mode et Luxe. House Of Tribes, aka HOT, le nouveau projet de Jon prend forme. Il lance son premier événement UNDISCLOSED dédié aux marques premium et engagées, durant la Paris Fashion Week.

Il s’agira du premier événement hybride qui permettra de se connecter aux marques et participants en ligne ou sur place. Ce sera également:

  • la 1ere Live Shopping Session pour promouvoir et vendre les créations de marques françaises ;
  • les 1ers Live Business Talks diffusés en direct sur la plateforme HOT.

Utiliser le digital pour améliorer l’expérience physique

La bascule est faite : l’événementiel par House Of Tribes sera dorénavant l’occasion de créer du contenu. Il faudra maintenant réfléchir à ce que l’on va faire avant, pendant et après car nous entrons dans une nouvelle ère.

Et cette vision n’est pas propre à l’industrie de la mode. C’est la manière même de faire de l’événementiel qui a changé. Utiliser le digital au mieux pour compléter ou améliorer l’expérience physique sans pour autant la remplacer est une problématique commune à toutes les industries. La demande est là pour HOT.

House Of Tribes aux Fashion Tech Days

Dans ce cadre, Jon est intervenu durant les Fashion Tech Days en animant la table ronde Se rencontrer virtuellement.

Il a challengé les participants en les questionnant sur les expériences technologiques qu’ils souhaitent créer, sur leurs limites ou les bonnes conditions requises pour vivre ces moments-là.

Car se rencontrer à distance peut prendre de multiples formes et faire appel à divers outils. Tout dépend du contexte, de ce que l’on veut faire ou expérimenter.

À l’heure de l’arrivée fracassante de Metaverse dans nos vies et de la saturation que nous éprouvons face à la simultanéité des interactions qui nous sont proposées.

“Comment engage-t-on pleinement l’utilisateur dans l’expérience qu’on lui propose?”

Comment faire pour avoir la même sollicitation multi-sensorielle dans un événement physique comme un concert que dans monde immersif en 3D? Pour la rendre riche et se sentir ultra-connecté ? C’est tout le travail en amont d’identification et de décryptage des envies et des comportements qui va permettre d’apporter une réponse pertinente.

C’est ici que la vision du contenu événementialisé de Jon rejoint une réflexion plus globale. Être plus agile dans sa façon de créer des événements, savoir réagir plus vite sont les clés.

“Car événementialiser un contenu, c’est lui donner de la force, de la visibilité et de la légitimité. C’est aussi un défi d’engagement de l’utilisateur envers ce contenu. Et c’est une rude bataille!”

Alors comment créons-nous des expériences hybrides entre physique et digital? Quel temps passé et quelle disponibilité chacun voudra consacrer à ces moments immersifs? Et surtout, dans quels buts? C’est tout l’enjeu de cette discussion que Jon a mené lors des Fashion Tech Days consacrés à la mode virtuelle.

Elsa Chassagnette

Elsa Chassagnette

Après des études de designer produits, elle a passé 10 ans dans l’industrie de la mode et du luxe au service des thématiques d’entretiens et de réparations.

Aujourd’hui indépendante, basée à Paris Elsa accompagne et conseille des créateurs et des entreprises issus de divers artisanats et savoir-faire dans leurs réflexions vis à vis de la circularité, de la durabilité et de la réparabilité de leurs produits et/ou sur des problématiques opérationnelles et stratégiques.

Le New Black, la plateforme qui révolutionne le wholesale

Le New Black, la plateforme qui révolutionne le wholesale

Interview avec Romain Blanco, Directeur général de Le New Black. Une plateforme fondée en 2009 par Vidya Narine et Bernard Coulombel.

Allier mode et technologie : une envie de Romain Blanco

Avant de prendre les rênes de la direction générale de la solution française de showroom digital Le New Black, au tournant de ses 30 ans, Romain décide de créer sa start-up et se dirige dans la mode. Il apprend tout sur le tard et sur le tas. Résultat, 2 sociétés voient le jour en quelques années :

  • Louis Antoinette, lancée en 2014 : patrons et kits de couture dont l’objectif est de proposer des collections de vêtements à faire soi-même. L’entreprise s’est bien déployée, avec près de 200 points de vente partenaires notamment Cultura et le BHV ;
  • Capsul Studio : marketplace de mise en relation avec des couturières et des personnes novices en couture. L’entreprise n’a pas abouti, malgré une offre avec de très bonnes couturières. D’une part parce que faire faire ses vêtements sur-mesure en ligne est compliqué. D’autre part car l’équipe présentait des lacunes d’un point de vue technique.

Suite à ces expériences, Romain s’est formé à la tech chez Le Wagon. L’objectif était d’apprendre à coder pendant 9 semaines et mieux comprendre les problématiques de développement web.

Étant toujours passionné par la mode mais avec une vision plus technologique, la proposition du poste de DG de Le New Black tombait à pic. En effet, le poste combinait les enjeux technologiques et les intérêts mode qui l’animaient.

C’était important pour Romain de pouvoir trouver un business qui permettait d’apporter la technologie aux univers créatifs pour en faciliter leur gestion.

Le New Black : plateforme B2B pour la mode

Le New Black est une plateforme SAAS (Software as a service) qui permet aux marques de présenter leurs collections à des acheteurs BtoB.

C’est un outil de gestion des ventes wholesale pour les marques de mode.

new black revolution wholesale

Par exemple Kenzo présente ses collections physiquement dans son showroom à Paris et virtuellement grâce à la technologie Le New Black mise à disposition de la marque. Tous les acheteurs qui ne peuvent pas se déplacer passent leurs commandes directement sur Le New Black.

Une solution hybride

Également en showroom physique, Le New Black donne la possibilité aux vendeurs d’avoir une application iPad avec tous les produits de la collection. Le New Black est une solution hybride aussi bien pour les commerciaux en showroom physique, que pour les acheteurs qui ne pourraient pas se déplacer.

Leur outil est utilisé principalement par :

  • les directeurs commerciaux et les directeurs des systèmes d’information,
  • et majoritairement après les défilés pour présenter les nouvelles collections aux partenaires wholesale et à la presse.

La plateforme s’adresse à toutes les marques, particulièrement les marques dites créatives, avec un renouvellement de collections fréquent. Également aux marques dites émergentes, notamment par le biais du partenariat avec La Fédération de la Haute Couture et de la Mode. La FHCM accompagne les jeunes créateurs du calendrier officiel de la Paris Fashion Week avec leur showroom Sphère, dont l’édition digitale est sur Le New Black.

La société collabore aussi avec des institutions comme l’Association pour la Mode Suisse, le Ministère Espagnol et Argentin, la Seoul Fashion Week ou encore la Lagos Fashion Week.

La nouvelle marketplace qui révolutionne le wholesale

Le New Black est l’équivalent d’un e-commerce BtoC avec des fonctionnalités BtoB. Les showrooms digitaux sont disponibles sur 2 environnements :

  • la marketplace Le New Black, où la marque est visible aux côtés d’autres marques clientes. Celle-ci est accessible uniquement aux acheteurs professionnels inscrits et vérifiés par les soins de l’équipe ;
  • un environnement privé et dédié à la marque, accessible uniquement sur invitation, sans aucune mention Le New Black.

Dans les 2 cas, leur mission est d’équiper les marques d’une technologie puissante pour faciliter leurs gestion des ventes, et notamment :

  • optimiser le processus de commande,
  • mieux gérer les stocks et les réassorts,
  • personnaliser les accès aux ventes selon les typologies de clients, les tarifs…,
  • permettre à la force de vente de se concentrer sur la relation clients plus que sur les processus ou l’administratif.
martinez fabrics  le new black

La plateforme Le New Black propose un écrin digital qui permet aux marques de présenter leurs collections et qui s’intègre avec les systèmes d’information de la marque pour faciliter et automatiser les échanges de données entre ERP.

En 2020, les marques ont été agiles en adoptant des solutions de showroom digital et de prise de commandes à distance pour pallier l’impossibilité de voyager de leurs acheteurs internationaux. De nombreuses marques ont également choisi Le New Black en amont de la crise sanitaire dans le cadre d’un besoin de modernité et de digitalisation de leurs processus.

La crise sanitaire n’a fait qu’accélérer une tendance de fond, celle de vouloir digitaliser la gestion des commandes BtoB. Cette mutation s’est faite en 3 mois avec la crise sanitaire, au lieu 3 ans peut-être !

L’industrie de la mode est à la traîne en termes de digitalisation. Beaucoup de marques utilisaient encore des fichiers Excel et PDF avant 2020 pour présenter leurs collections, dans la mesure où il y avait encore des showrooms physiques.

Aujourd’hui, les mutations observées sont similaires au e-commerce BtoC et mûrissent avec quelques années de retard.

Il n’y a pas de vraie innovation de rupture, nous ne sommes pas dans le métavers.

etudes virtual tours le new blacl

La mission Le New Black : améliorer l’expérience BtoB en ligne

La mission de Le New Black est de continuellement améliorer l’expérience BtoB en ligne, à l’aide de visuels 360°, de captations
3D qui recréent un univers de marque virtuellement. On ne peut pas dire qu’il y ait d’innovations révolutionnaires en BtoB, principalement car les investissements des marques restent concentrés sur le BtoC.

Les acheteurs BtoB sont assez traditionnels. Ils aiment bien être pris par la main dans un showroom physique.

Le New Black ne se substitue donc pas au showroom physique. Il le complète et permet de créer une expérience de vente hybride.

Ainsi, Le New Black permet aux marques d’entamer leur transition digitale et ainsi d’optimiser la gestion de leur business pour pouvoir vendre mieux et dans de meilleures conditions. L’objectif principal pour les équipes est de gagner du temps sur des tâches à faible valeur ajoutée.

Lors des Fashion Tech Days mode virtuelle, Romain Blanco a abordé la mutation des comportements des acheteurs professionnels pendant ces 2 dernières années et leurs adaptations.

En effet, il y a clairement une mutation, un changement de paradigme, lié au rythme des collections, au renouvellement des produits et aux voyages des acheteurs professionnels.

Les actus et challenges à venir sur fin 2021 / début 2022 ?

  • La refonte de leur expérience utilisateur
  • Explorer la notion d’hybridation du modèle entre le physique et le digital
  • Approfondir le partenariat avec la Fédération de la Haute Couture et de la Mode
  • Accompagner les marques pendant La Fashion Week de janvier, qui sera en hybride, digital ou phygital
Julia Quiquandon

Julia Quiquandon

Fondatrice de Baroudeuses

Combinaisons et Kimonos upcyclés fait-main à Paris, depuis 2021. Des pièces à porter respectueuses, inclusives et intemporelles.